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Johan cruyff un seigneur nous quitte

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Pseudo : haan

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Johan cruyff un seigneur nous quitte

le 24 Mars 16 à 21h08

Peux m'empêcher de rendre ici un infime hommage ici à celui qui aura marqué son empreinte dans l'histoire du football.
Garde toujours dans mon armoire son maillot de l'équipe nationale floqué du n°14 rendu célèbre lors de la Coupe du monde 74 et bien-sûr avec l'Ajax triple championne d'Europe consécutivement. L'inventeur du foot total avec sa bande c'était bien eux.
Connaissais par coeur sa fabuleuse carrière de joueur.
RIP

Fan club Johan Cruyff
 
 

Pseudo : pierrotgrognon16

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le 26 Mars 16 à 12h30

Bel hommage, ami Haan, hommage plus que mérité. Cruyff restera comme un des plus grands joueurs de l'histoire, en tous cas de ceux que j'ai vu joué (à la télé pour la plupart, hélas).

Je me souviens très bien de ce match d'appui entre l'Ajax et Benfica en Coupe d'Europe des Clubs Champions, vu dans une des salles télés du Village III sur le campus de Talence en 1969, où nous autres Français avons découvert et l'Ajax et Cruyff.. Je garde également un souvenir profond de la Coupe du Monde 74 en Allemagne, au cours de laquelle les Pays-Bas dans le sillage du n°14 et la Pologne avaient été magnifiques. Dans mon panthéon personnel cette Coupe du Monde est juste derrière celle de 70.

Comme le soulignait Duluc dans l'Equipe d'hier, Cruyff a également un entraineur qui a marqué profondément le jeu par son exigence, sa volonté permanente d'avoir le ballon et d'attaquer.

J'ai aimé l'hommage que lui ont rendu les Néerlandais hier soir.

RIP Johan
 
 

Pseudo : neroblue

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le 26 Mars 16 à 19h53

grand respect pour ce grand joueur et pour tout ce qu'il a apporté au foot ( le fait de pouvoir se griller une clope tranquille à la mi-temps battu cela dit par le gardien d'un club de la cub contre qui j'ai joué dans les années 90 qui s'est roulé un pete ; promis c'est la vérité )
talentueux , élégance rare ( bergkamp ? ) , buteur d'exception ( van basten ? )
un truc m'énerve depuis sa disparition , les footix sur les réseaux sociaux ou autres .... j'ai 38 ans je ne l'ai pas vu jouer en "live" mais bon le jour de sa disparition c'est du genre c'était le meilleur joueur du monde .... sondage qui est le meilleur de tous les temps : Pelé Diégo Platini Cruyff ??? les mecs répondent Cruyff en premier ou second , le meme sondage y'a 3 mois , les sondeurs le mettent meme pas deans les choix !!!!!!

ps1: le plus grand est et restera Diégo point barre .....
ps2 : mon ps1 c'est pour chambrer ( meme si je le pense plus que tout )
 
 

Pseudo : haan

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le 26 Mars 16 à 21h19

Bravo et merci à vous d'être passés par ici saluer Johan 1er à votre façon. Il le mérite tellement...

Fan club WM 74 (je garde encore précieusement mon 1er album Panini de cette coupe du monde) sans la France une fois de plus...
 
 

Pseudo : hors-jeu

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le 27 Mars 16 à 10h16

haan a écrit:
Peux m'empêcher de rendre ici un infime hommage ici à celui qui aura marqué son empreinte dans l'histoire du football.
Garde toujours dans mon armoire son maillot de l'équipe nationale floqué du n°14 rendu célèbre lors de la Coupe du monde 74 et bien-sûr avec l'Ajax triple championne d'Europe consécutivement. L'inventeur du foot total avec sa bande c'était bien eux.
Connaissais par coeur sa fabuleuse carrière de joueur.
RIP

Fan club Johan Cruyff

Ne pas passer sous silence le rôle prépondérant de Rinus Michels, l'entraineur.

Et surtout ne pas passer sous silence que pour ceux de sa génération - dont je suis - il a été bien plus qu'un footeux au même titre que George Best.
Même si Cruijff était plus "Avide à dollars" qu'une icône post 68.

Mais quel talent !!!!!
Et si vite oublié comme le souligne Neroblue.
Edité le 27/03/2016 à 10:19
 
 

Pseudo : fabbordelais

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le 27 Mars 16 à 22h12

Un grand monsieur du Football.

RIP
 
 

Pseudo : pierrotgrognon16

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le 30 Mars 16 à 16h00

Le numéro de cette semaine consacre un dossier très complet à Cruyff, à sa carrière de joueur, de le leader, d'entraineur précurseur. Un article rappelle le rôle de Rinus Michels pertinemment noté par m'sieur hors-jeu. Belle iconographie pour ne rien gâcher.
 
 

Pseudo : haan

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le 30 Mars 16 à 19h29

Je suppose que tu veux parler du journal de l'Equipe
Il y a quelques mois le mensuel So Foot avait sorti un n° très complet sur la légende néerlandaise (collector à souhait)
Conserve précieusement le livre "Cruyff super star" imprimé en 74 par les excellents journalistes J.Thibert et M.Urbini.
 
 

Pseudo : pierrotgrognon16

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le 30 Mars 16 à 20h53

haan a écrit:
Je suppose que tu veux parler du journal de l'Equipe
Il y a quelques mois le mensuel So Foot avait sorti un n° très complet sur la légende néerlandaise (collector à souhait)
Conserve précieusement le livre "Cruyff super star" imprimé en 74 par les excellents journalistes J.Thibert et M.Urbini.

Arf! Les méfaits de l'âge:, il s'agit de "France Football".
 
 

Pseudo : haan

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le 30 Mars 16 à 23h07

Ah ok merci Pierrot je vais vite aller l'acheter chez mon libraire.

Fan club Arie Haan
 
 

Pseudo : hors-jeu

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le 31 Mars 16 à 10h38

Puisque M. Pierrot parle d'iconographie je vous propose 14 minutes du passé.

Sa hargne, ses esquives.
Ses doubles démarrages
Sa vista collective et son sens du commandement

Vers 10mn50 un but "zlatanesque" 40 ans avant
A la fin un péno d'anthologie.

www.youtube.com...

Oui, 14 minutes de bonheur pur.
 
 

Pseudo : haan

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le 31 Mars 16 à 17h40

On se lasse pas de voir et revoir ces extraits !
On fait même plus la différence dans ces 14 minutes de film entre les époques de sa carrière tellement son aisance technique, son intelligence et sa rapidité d'exécution dominent !
Quand tu vois ce qu'il faisait à son retour à l'Ajax fin 81 c'est époustouflant... et signer chez le grand rival Feyenoord en 83, il n'y avait que lui pour faire un truc pareil.
Pour son fameux péno à 2 deux, d'anciens supporters auront reconnu le p'tit danois Jesper Olsen futur girondin

Par contre, comme lu ci et là, je tiens à préciser que jamais sa majesté Johan ne porta le n° 14 au Barça !
 
 

Pseudo : keith74

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le 29 Nov. 16 à 17h19

hors-jeu a écrit:
Puisque M. Pierrot parle d'iconographie je vous propose 14 minutes du passé.

Sa hargne, ses esquives.
Ses doubles démarrages
Sa vista collective et son sens du commandement

Vers 10mn50 un but "zlatanesque" 40 ans avant
A la fin un péno d'anthologie.

www.youtube.com...

Oui, 14 minutes de bonheur pur.
Merci pour cette vidéo. Je vais me la repasser tranquillou en soirée assez vite.
Ca fait du bien de revoir ses images, limites inédites.
Le but dont tu parles, c'est le premier qui me vient à l'esprit quand je pense aux buts de Cruyff.
 
 

Pseudo : pierrotgrognon16

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le 26 Déc. 16 à 12h02

Spéciale dédicace pour l'ami haan: un article de Vincent Duluc dans l'Equipe d'aujourd'hui :

IL NOUS ONT QUITTÉS EN 2016

GÉNIE TOTAL
VINCENT DULUC


Mythique numéro 14 des Pays-Bas, Johan Cruyff, ici lors du match face à l'Uruguay lors de la Coupe du monde 1974, a ébloui les amateurs de football lorsqu'il était sur les terrains. VIIMAGES/Presse Sports
JOUEUR PLEIN DE GRÂCE, LEADER PLEIN DE MORGUE, ENTRAÎNEUR À PRINCIPES ET PENSEUR SANS COMPROMISSION, JOHAN CRUYFF A RÉVOLUTIONNÉ LE FOOTBALL COMME AUCUN AUTRE PERSONNAGE DE L'HISTOIRE DU JEU. SA MORT, À L'ÂGE DE SOIXANTE-HUIT ANS, A EMPORTÉ UN PEU DE NOS JEUNESSES ET DE NOS RÊVES.

Trois légendes du sport nous ont quittés en 2016 : le footballeur Johan Cruyff, le 24 mars, à l'âge de 68 ans, le boxeur Muhammad Ali, le 3 juin, à l'âge de 74 ans, et le golfeur Arnold Palmer le 25 septembre, à l'âge de 87 ans. L'Équipe leur rend de nouveau hommage cette semaine, à travers les articles publiés au lendemain de leur mort. Nous commençons aujourd'hui par Cruyff, le génie de l'Ajax et du Barça, footballeur et entraîneur révolutionnaire, décédé au début du printemps, la veille du match amical Pays-Bas - France à Amsterdam. Demain, ce sera au tour d'Ali, puis mercredi de Palmer. Jeudi, nous reviendrons sur les autres grands sportifs disparus au cours de l'année.

JOHAN CRUYFF

Nationalité : néerlandaise. Date de naissance : 25 avril 1947. Date de décès : 24 mars 2016 (68 ans). Attaquant. Joueur professionnel de 1964 à 1984. 48 s élections, de 1966 à 1977, 33 buts.
Clubs successifs :Joueur : Ajax Amsterdam (1964-1973 puis 19811983), FC Barcelone (ESP, 1973-1978), Los Angeles Aztecs (USA, 1979-1980), Washington Diplomats (USA, 1980-1981), Levante (ESP, 1981), Feyenoord Rotterdam (1983-1984). Entraîneur : Ajax Amsterdam (1985-1988), FC Barcelone (ESP, 19881996).
Palmarès :Joueur : Ballon d'Or France Football (1971, 1973, 1974). Vainqueur de la C 1 (1971, 1972, 1973). Coupe intercontinentale (1972). Champion des Pays-Bas (1966, 1967, 1968, 1970, 1972, 1973, 1982, 1983, 1984). Champion d'Espagne (1974). Coupe des PaysBas (1967, 1970, 1971, 1972, 1983, 1984).Coupe d'Espagne (1978). Entraîneur : Vainqueur de la C 1 (1992). Vainqueur de la C 2 (1987, 1989). Champion d'Espagne (1991, 1992, 1993, 1994). Coupe des Pays-Bas (1986, 1987). Coupe d'Espagne (1990).
AMSTERDAM ­ Il y a tout ce qu'il a emporté, ces années 1970 dont la moitié est partie avec lui, après que l'autre moitié avait accompagné David Bowie, décédé le 10 janvier. Il y a, aussi, tout ce qu'il a laissé : le souvenir de la grâce en mouvement, des manières de danseur, les cheveux longs qui se soulevaient à chaque foulée, son maillot à deux bandes à la Coupe du monde 1974, son dribble magique qui le voyait faire passer le ballon derrière sa jambe d'appui, ses passes qui inventaient une géométrie nouvelle, ces extérieurs du pied comme une caresse de soie, ce port de tête qui révélait une majesté. Plus tard, dans le costume d'entraîneur qui s'accordait à sa vocation, il y aurait cette vision du jeu sans oeillères, cette philosophie de peu de débats, cette fièvre de transmettre mais en gardant le ballon, ces mots pour formaliser une pensée et la répandre, cette façon des idéalistes d'avoir toujours raison, de le savoir, mais de chercher à convaincre parce que la victoire ne suffit pas.
Disparu le 24 mars, à l'âge de soixantehuit ans, d'un cancer du poumon, Johan Cruyff était le football. Quand certains grands anciens se visitent comme un musée, ses interviews offraient une plongée dans une pensée sans cesse en mouvement. Cette dialectique ressemblait à ce qu'il avait été, joueur, sous la tunique blanc et rouge de l'Ajax. Avec ses manières tranchantes mais ses arabesques. Avec son sens de la compétition mais sa recherche d'un esthétisme. Même si on a le droit de le préférer aux autres, on peut admettre qu'il ne soit pas considéré par tous comme le plus grand joueur de tous les temps. Premier homme à trois Ballons d'Or (1971, 1973, 1974), vainqueur de la Coupe d'Europe des clubs champions de 1971 à 1973, il n'a, par exemple, jamais été champion du monde, parce que l'arrogance qui l'avait fait grandir avait fini par le faire tomber, un après-midi de finale de Coupe du monde 1974, à Munich, après qu'il avait arraché un penalty dès la deuxième minute, au bout d'une séquence de dix-sept passes, sans qu'un seul joueur allemand n'ait eu le temps de toucher le ballon.
Il était le meilleur joueur et le leader parfois tyrannique de l'équipe qui a changé le jeu à jamais

Mais il était le meilleur joueur et le leader parfois tyrannique de l'équipe qui a changé le jeu à jamais : à l'Ajax, la légende prétend qu'il y avait un entraîneur sur le banc, Rinus Michels, et un entraîneur sur le terrain, Johan Cruyff. Plus tard, à l'Ajax (1985-198 puis à Barcelone (1988-1996), l'espace de onze saisons seulement, il deviendrait l'entraîneur qui a révolutionné le football moderne. « Il a bâti la cathédrale. Nous l'entretenons », dit joliment Pep Guardiola. Aucun autre acteur de l'histoire du jeu n'a eu une influence aussi profonde ni aussi durable dans les deux rôles. Face à l'idée que les grands joueurs ne font pas forcément de grands entraîneurs, face au constat de l'impossibilité de la pédagogie du génie, il restera l'éternel contre-exemple, celui qui a su montrer, penser, faire jouer, inspirer.
Son destin de joueur aura été celui d'un enfant du football de rue, d'une époque où l'Ajax n'est pas complètement professionnel, au mitan des années 1960. À la mort de son père, Manus, victime d'une crise cardiaque, alors que Johan a dix ans, sa mère était devenue femme de ménage au stade de Meer, celui de l'Ajax, à trois cents mètres de la maison familiale. Il traînait là-bas, jouait là-bas, tout le monde le connaissait et bientôt tout le monde le reconnaîtrait. Il n'a jamais oublié le jour où il a entrevu la lumière : ramasseur de balle au stade Olympique d'Amsterdam, le soir de la finale de Coupe d'Europe Benfica - Real Madrid, en 1962, il avait vu jouer le grand Alfredo Di Stefano, en avait tiré une magie et des leçons pour une vie.
De sa rencontre avec Rinus Michels, à l'Ajax Amsterdam, à partir de 1965, est né le football total. Michels en a eu l'idée, et Cruyff lui a donné un sens. Sous le romantisme étaient la discipline et l'engagement athlétique ­ fruit d'une préparation quasi militaire ­ qui permettaient à l'Ajax de prendre des espaces par le mouvement et la vitesse, et qui voyaient chacun compenser les mouvements de l'autre : puisque tout le monde attaquait, même les défenseurs, il fallait bien que tout le monde défende, même les attaquants, qui revenaient compenser les libertés révolutionnaires prises par l'arrière-garde. Le football total était un prolongement de la formation des jeunes joueurs à l'Ajax, dont les entraîneurs leur faisaient occuper une autre place que la leur. Le principe, au fond, était simple : l'Ajax cherchait à créer des espaces quand il avait le ballon, et à les réduire quand il l'avait perdu.
Dans ce cadre est né un génie, un accélérateur de jeu fantastique, qui semblait danser au-dessus des tacles des bouchers de l'époque, et que Paris avait découvert en 1969, à Colombes, lors du match d'appui de quart de finale de Coupe d'Europe entre l'Ajax et Benfica (3-0 a.p.). Cruyff avait marqué. L'Ajax de Michels et de Cruyff avait changé le football, comme l'avaient fait la Wunderteam des Autrichiens d'Hugo Meisl, dans les années 1930, ou les Hongrois de Ferenc Puskas et Gusztav Sebes, dans les années 1950.
En 1973, il avait quitté Amsterdam pour Barcelone, avait retrouvé Michels, et le Camp Nou l'avait adoré, bien sûr. Entre mille exploits, il reste la magie d'un but comme une pirouette, dans un angle impossible, face à l'Atlético de Madrid.
L'influence de Cruyff ? En 1974, il avait convaincu son sélectionneur, Rinus Michels, bien sûr, d'aligner le gardien Jan Jongbloed, un peu enrobé, peut-être, et qui portait un numéro 8 rare pour l'époque, parce qu'il était à l'aise avec les pieds et que cela permettait à l'équipe de jouer plus haut. Il y avait longtemps que la réflexion se mêlait à l'action.
Face au constat de l'impossibilité de la pédagogie du génie, il restera l'éternel contre-exemple

La fin de sa carrière de joueur a été traversée par la mythologie de sa politisation, au moment de son forfait pour la Coupe du monde 1978, et de son caractère libertaire. Cela cachait, surtout, une âpreté commerciale considérable, et une certaine indifférence au football de sélection, non rémunéré, qu'il rejoignait selon ses humeurs.
Parmi ses semblables, le joueur a été admiré, pas toujours aimé. Il avait bizarrement choisi ses amis le soir de sa (fausse) retraite, invitant le Bayern Munich pour son jubilé, en direct sur la télé néerlandaise, en 1978. Les Allemands, qui ne l'aimaient pas, avaient ridiculisé son équipe (8-0) et donné au bouquet de fleurs des allures de chrysanthèmes. De toute façon, le fisc espagnol et ses mauvaises affaires l'avaient obligé à continuer, à vivre une deuxième vie, aux États-Unis, à Levante, puis à revenir à l'Ajax et à Feyenoord. Dix-neuf ans de carrière. Il ne serait pas entraîneur aussi longtemps. Mais de même qu'un Sacchi a marqué le monde par son pressing en quatre saisons milanaises (1987-1991), Cruyff a révolutionné le football moderne en onze ans, et deux clubs entraînés, l'Ajax Amsterdam et le FC Barcelone. Il a construit une identité de jeu et de pensée, au Barça, dont le tikitaka, le surnom de ce jeu à passes courtes et incessantes, était la conséquence. Il a voulu posséder le ballon, créer, séduire, gagner. Il fuyait l'idée même d'une stratégie défensive, en expliquant qu'il ne voulait pas prendre le risque de s'ennuyer toute la saison et de ne pas gagner quand même.
Il a créé la « dream team » de Barcelone, sacrée en 1992 à Wembley face à la Sampdoria (1-0 a.p.), et parce qu'il n'était pas homme à renier quoi que ce fût, pas même ses défauts, il allait manquer, comme en 1974, une marche vers la gloire, un jour que son arrogance l'avait étouffé, et que l'AC Milan de Capello lui avait donné la leçon d'un autre football en retour (4-0), en finale de la Ligue des champions 1994, à Athènes. Il n'a pas tout inventé. Mais il a contribué à inventer ce qui a changé le jeu et notre perception du jeu.
"Jouer au football est très simple, mais jouer un football simple est ce qu'il y a de plus difficile" JOHAN CRUYFF

Il en reste des aphorismes, parfois magnifiques, parfois elliptiques, parce qu'il n'y a pas d'apôtres sans évangile. Deux, sans doute, sont un peu plus connus que les autres. L : « Jouer au football est très sim'un ple, mais jouer un football simple est ce qu'il y a de plus difficile. » L 'autre, sans doute en réponse à un joueur qui voulait savoir pourquoi, ou comment : « Si j'avais voulu que tu comprennes, je l'aurais mieux expliqué. » Dennis Bergkamp, qui l'a pratiqué à l'Ajax avant de rejoindre l'Inter Milan puis Arsenal, disait que Cruyff l'avait influencé au point qu'il ne croyait pas au dribble, seulement à la passe, au mouvement, et à la création d'espaces.
Le jeu de Cruyff au Barça en a fait le père de la suprématie de l'Espagne sur l'Europe (2008, 2012) et le monde (2010), qui s'exerçait selon sa philosophie et une influence barcelonaise, même si le pragmatisme la rejoignait, dans la compétition, à mesure qu'elle prenait de l'altitude. Il disait, aussi, que le football était comme la vie : « Vous devez regarder, penser, vous déplacer, trouver l'espace, aider les autres. Au bout du compte, c'est assez simple. » C'est simple comme une tristesse infinie. Johan Cruyff est mort et Amsterdam pleurait à petites gouttes, le jour de sa disparition, en s'enfonçant dans la nuit et le deuil. Au premier soir de sa splendeur, la sienne et celle de quelques beaux blonds à la chevelure en cascade, la nuit de la première victoire en Coupe d'Europe de l'Ajax, en 1971, les péripatéticiennes du quartier rouge n'avaient pas fait payer.
Elles ont maintenant l'âge de glisser à petits pas sur les pavés mouillés d'Amsterdam, un fichu sur les cheveux, pour aller brûler un cierge, à l'église ou au temple du coin, en souvenir du Hollandais volant.
 
 

Pseudo : haan

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le 27 Déc. 16 à 01h45

Merci Pierre. Toujours ravi de lire un papier sur lui.
Bowie, Prince d'un côté. Cruyff, Mohamed Ali, Carlos Alberto de l'autre. Sans oublier l'équipe brésilienne décimée dans la catastrophe aérienne... l'hécatombe
 
 

Pseudo : haan

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le 11 Févr. 17 à 22h12

Une autre légende "ajaxienne" vient de nous quitter après Muhren et J.C.
Piet Keizer qui nous rappelle ce qu'était un véritable ailier gauche est mort à l'âge de 73 ans.
RIP Piet
 
 
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