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Pseudo : hors-jeu

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Fric, flouze, artiche, blé, fraîche, grisbi, oseille : l'argent dans le foot professionnel

le 01 Févr. 16 à 13h57

Monsieur Dugrognon je viens juste de découvrir vos liens sur les stades.
Moi, je ne me contente pas de l'opinion des autres, je donne aussi la mienne, même mauvaise.
Surtout mauvaise.

Ce que je n'aime pas trop ce sont les articles qui, quelle que soit la qualité de leur argumentaire, arrivent toujours à nous démontrer que l'herbe est plus verte de l'autre côté de la colline ou que c'était mieux avant.

Je ne suis venu qu'une fois au Matmut et j'ai vu le boxon pour repartir en voiture. Mais j'ai également le souvenir de galères (moindres) au sortir de Lescure.
Le Vélodrome est au centre de Marseille, et pas au milieu de nullepart, mais là aussi les galères sont souvent jouissives.
L'Allianz Riviera, je ne connais pas mais le Ray était dans un état qui évoquait davantage le château de Montségur qu'un stade de foot.

Certes en 2010 on a plus vu l'aspect chantier et relance qu'un crise économique qui allait perdurer.
J'ajoute que la construction des nouveaux stades a bénéficié de subventions de l?État qui ne seraient pas venus hors période «Euro».
Mélanger dans un même pot les stades «Euro» avec les exemples de Grenoble et du Mans qui ne correspondent pas à des clubs «pérennes» en L1 n'est pas très honnête.

Enfin faire des stats sur deux ou trois ans d'affluences, là on arrive au foutage de gueule.
Lescure fut inauguré en 1938 et en 2015 ça faisait 77 ans.
Le nouveau, sur un même durée, nous mène en 2092.
Qui sait aujourd'hui ce que sera le paysage urbain et sportif de Bordeaux en 2092 ? Pas moi.
Lescure était vélodrome en 1938, le foot... sport mineur.

J'aurais préféré que vous nous passiez aussi des articles de la Petite Gironde de 1939 pour une objectivité plus complète.
M'étonnerais pas qu'un grand visionnaire de l'époque se soit élevé contre la construction de stades pour la Coupe du Monde alors que prolonger la Ligne Maginot aurait était beaucoup plus efficient.


Bon, nous reprendrons ce débat en 2093.
 
   Joueurs
 

Pseudo : pierrotgrognon16

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le 03 Févr. 16 à 12h07

Vous êtes toujours aussi désagréable, môssieur Jeu!

Pour revenir au sujet de ce topic le fric dans le foot je colle ci-dessous le lien vers le rapport Deloitte (en anglais) :

www2.deloitte.com...

www2.deloitte.com...

ainsi que des commentaires d'un blogueur éclairé (pas un comptable de comptoir j'veux dire ) : coulissesfootbusiness.blogspot.fr...

On notera que la "performance" du PSG vient largement des dons déguisés en sponsoring de l'état pétrolier qui le possède... Ce qui ne doit pas masquer, à mes yeux (ciel voilà que je suis atteint du syndrome du provençal éthylique et que je donne mon point de vue à tout va) le niveau auquel les dirigeants du club ont réussi à élever le niveau des recettes guichet. J'ai lu quelque part que le PSG arrivait à vendre des loges 600 000€ la saison (à prendre avec des pincettes, je ne retrouve pas la source)

J'ajoute à tout ça un article très inquiétant/intéressant du gars Philippe Auclair (dont je crois me souvenir qu'il est une de vos idoles môssieur Jeu) sur la ligue fermée qui arrive à grands pas.

eurovisions.eurosport.fr...

Il y a seulement 2/3 ans je disais que nous n'aurions pas l'occasion de la voir, au regard de notre âge (et de vos excès de libations, môssieur Jeu). Si nous voulons éviter de subir ce spectacle, qui marquera la fin de ce qui a été créé dès l'origine du foot pro et qui nous fait vibrer depuis l'enfance, il va nous falloir nous hâter de quitter ce monde mon bon Hors (vous permettez que je vous appelle Hors). Un Lilet et une bonne bouteille de Bordeaux accompagnant une pièce de viande Place St Pierre, avant de prendre le tram pour aller au Matmut Atlantique, pourraient nous aider à nous hâter.
Edité le 03/02/2016 à 12:11
 
 

Pseudo : hors-jeu

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le 03 Févr. 16 à 17h02

Enfin vous consentez à donner un peu de vos opinions.
J'en suis fort aise car je commençais à vous prendre pour un être acojoné comme ne les aimait pas le vieil Ernest.

Moi qui ne bois que du thé vert de Chine aux Mots Bleus je m'étonne cependant de vos liens qui n'arrivent pas sans parler de ceux qui ne parlent que de baby foot.

Pour ce qui est de la ligue fermée j'ai toujours du mal à y croire. Ceci pourrait mener à casser la routine de matches importants chaque saison comme des PQSG/OM ou MU/Liverpool chose vraiment capitale pour les supporters mancuniens majoritairement imbibés de bière comme vous le savez sans doute.

Et s'il y a une chose qui me fait bien marrer c'est que par la mise en place de la DNCG et l'interdiction par la loi de subventionner les clubs pros (nos gigis ne touchent que 585K destinés à la formation) afin d'assainir les comptes et professionnaliser la gestion, le PQSG vit grassement par plus de 200M versés par un état ou ses organismes.
La glorieuse incertitude du sport c'est quand en début de saison tu ne connais pas le montant de la subvention.

A la DNCG ou à l'UEFA on n'a pas de ligue fermée mais les yeux fermés, oui
Té, je vais m'en servir un autre... de thé vert.
 
 

Pseudo : pierrotgrognon16

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le 03 Févr. 16 à 18h38

Ah, j'ai retrouvé un lien pour le prix des loges au Parc : www.leparisien.fr...

Je colle un nouveau lien vers le post de blog de Dominique Rousseau (faut cliquer sur "plus d'infos" en dessous du tableau) qui ne fonctionnait pas dans mon post de ce matin : coulissesfootbusiness.blogspot.fr...

PS: je te l'ai déjà dit mon bon Philippe, mais même quand la ligue fermée aura vu le jour, il restera des Wolverhampton-West Bromwich, des Blackburn-Burnley, des West Ham- Milwall (des finauds les gars de Milwall, j'les ai vu à l'oeuvre à Goodison Park en 87, ça faisait froid dans le dos), des FC Union Berlin-Leipzig pour éveiller les passions.
Edité le 03/02/2016 à 18:40
 
 

Pseudo : pierrotgrognon16

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le 30 Mars 16 à 18h02

Sous spoiler article de"l'Equipe " papier d'aujourd'hui, sous le titre :" Lyon, Rennes et Bordeaux bonnets d'ânes"...

Nettement déficitaires, les trois clubs contribuent de manière significative aux 56 M€ de pertes enregistrées par l'ensemble de la L 1 la saison dernière.

Comme L'Équipe l'a révélé le 27 janvier dernier, les vingt clubs de Ligue 1 ont perdu un total de 56 Meuro; au 30 juin 2015. Il s'agit tout simplement du septième exercice comptable négatif d'affilée pour l'élite du football français. Dans le détail, selon le rapport de la DNCG sur les «comptes individuels» que nous nous sommes procuré, il y a surtout trois mauvais élèves parmi les pensionnaires de L 1 : Lyon, qui a perdu 21,4 Meuro; au 30 juin dernier, Rennes ( 15,8 Meuro et Bordeaux (13,4 Meuro;). Sans surprise, Lens, descendu en L 2 au terme de la saison dernière, n?est pas beaucoup mieux loti avec un déficit de 10,1 M€.

«Les pertes des clubs ont quasiment été divisées par deux passant de 102 Meuro; à 56 Meuro;, indique le rapport, sous le double effet d'une amélioration marquée du résultat d'exploitation (passé de 351 à 250 Meuro; entre 2013-2014 et 2014-2015) et d'une forte croissance des opérations de mutation (+ 35 %).» En clair, pour sauver les meubles, il a fallu comme toujours vendre nos meilleurs joueurs, puisque le football français affiche un solde positif de 221 Meuro; sur les transferts, alors qu'il n'avait encaissé «que » 179 Meuro; la saison précédente. Autant dire, comme il est noté dans le document financier de la DNCG, que si nos clubs n'avaient pas vendu tout ce qui pouvait l'être, ils auraient perdu la somme record de 295 Meuro; au 30 juin 2015, au lieu de 67 Meuro; (56 Meuro; en L 1 + 11 Meuro; en L 2).

Les clubs anglais à la rescousse

«Une large partie des pertes a une nouvelle fois été compensée par les activités de trading joueurs : le résultat des opérations de mutation s'est ainsi établi à 221 Meuro;(+ 23 %). La tradition exportatrice des clubs français ne s'est pas démentie»

Mais l'avenir est peut-être moins sombre. «Les droits audiovisuels, principale ressource des clubs, sont sécurisés et seront à la hausse à partir de l'exercice 2016-2017 (745,5 Meuro; annuels au lieu de 607 Meuro; dans le contrat actuel)», notent les experts de la DNCG. Qui observent également que «côté charges, si la maîtrise affichée demandera à être confirmée, il semble qu'une prise de conscience se soit opérée. L'évolution des masses salariales, notamment celles de quelques grands clubs, est un signal fort».

Enfin, pour sauver notre football, les Anglais sont appelés à la rescousse. «L'entrée en vigueur du contrat de droits audiovisuels 2016-2019 (3,5 milliards d'euros par an si on cumule les contrats domestiques et ceux à l'international), même s'il a été anticipé par certains clubs anglais soucieux de rester en Premier League la saison prochaine, devrait permettre aux clubs français de réaliser quelques opérations financièrement rentables. Les mouvements de joueurs opérés au cours du mercato estival 2015 et l'inflation des montants mis sur la table par les clubs anglais y compris sur des joueurs en post-formation témoignent de l'intérêt du marché anglais pour les clubs français . Toutefois, si cela constitue une bonne nouvelle sur le plan économique, cela l'est nettement moins sur la compétitivité sportive de nos clubs à l'échelle européenne. »

Arnaud Hermant et Étienne Moati

Edité le 30/03/2016 à 18:06
 
 

Pseudo : pierrotgrognon16

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le 28 Oct. 16 à 15h06

Sous spoiler un article paru dans "L?Équipe" papier du 26/10, concernant les droits télé à l'international du foot espagnol.

Droits télé : le modèle espagnol

Publié le : mercredi 26 octobre 2016

En réunissant «grands» et «petits» clubs, le football espagnol décolle économiquement et domine sportivement. Tout ce que ne fait pas son voisin français.

Etienne Moatti

MONACO -Tous les ans, Javier Tebas, président de la Liga, infatigable VRP du football espagnol, fait le déplacement à Monaco pour le Sportel, le « rendez-vous international du sport et des médias ». Il discute lui-même avec les télés du monde entier pour obtenir encore davantage de ressources pour ses clubs. Comme il l'a fait à Shanghai, en Chine, samedi, pour finaliser un « deal » de 50 millions d'euros par an. La routine pour lui qui se déplace « chaque semaine à l'étranger » afin d'assurer la promotion de la Liga. Pendant ce temps, côté français, la LFP est en pleine crise de régime et n'a même plus de président. Sans compter qu'elle a délégué la commercialisation de ses droits internationaux à beIN Sports, qui s'en occupe mollement. Résultat : l'Espagne bat aujourd'hui des records, avec 632 millions d'euros annuels de recettes télé hors de ses frontières, alors que la France végète avec 32,5 millions d'euros (plus 10 millions d'une avance consentie par beIN Sports).

À la tête de l'institution espagnole depuis avril 2013, Tebas, avocat de formation spécialisé dans le droit du sport, a fait de la renégociation télévisuelle son cheval de bataille. Il a d'abord gagné un bras de fer avec le Real et le Barça pour obtenir la centralisation des droits (inscrite dans la loi espagnole depuis avril 2015). Puis il s'est attaché à obtenir une nette revalorisation afin de satisfaire l'ensemble des clubs ibériques, tout en garantissant aux deux locomotives leurs revenus (140 millions d'euros chacun).

«Nos clubs peuvent davantage retenir leurs joueurs» Javier Tebas, président de la Liga

Cette saison, la Liga doit encaisser au total 1,66 milliard d'euros de droits télé (nationaux et internationaux) et ambitionne 2,5 milliards d'euros dans trois ou quatre ans. Tout en veillant à ce que chacun ait une bonne part de gâteau. En 2010, en Liga, qui était à l'époque le grand Championnat le plus désorganisé et le plus inégalitaire, le différentiel entre les recettes télé des « sans-grade » et des « cadors » était de 1 à 10. Il n'est plus, aujourd'hui, que de 1 à 3,5. Moins qu'en France, où il est cette saison de 1 à 4,1. Un constat qui cristallise actuellement les tensions entre présidents de Ligue 1.

Cette évolution en Espagne a permis d'avoir une épreuve plus concurrentielle et d'autres clubs que le Barça et le Real compétitifs au niveau européen. « Notre Championnat est désormais plus disputé car nos clubs peuvent davantage retenir leurs joueurs, explique Javier Tebas. Cette saison, grâce au nouveau système de répartition, l'Atlético de Madrid va toucher 108 millions d'euros alors que ce club n'avait que 45 millions en 2013. Résultat : ils ont pu garder Griezmann , Godin et Koke, qui seraient partis au Barça, au Real ou en Premier League anglaise si celui-ci n'existait pas. »

Pour ne pas être trop dépendante des deux géants nationaux, la Liga a également financé l'organisation de matches amicaux à travers le monde pour Valence, l'Atlético de Madrid ou encore le Séville FC. Avant d'aller encore plus loin avec la création un peu partout sur la planète de « délégations » qui assurent le « service après-vente » auprès des diffuseurs. D'anciennes gloires sont également venues mettre leur image au service du Championnat espagnol. Raul, Morientes, Karembeu, Xavi, Mendieta ou encore Michel Salgado cachetonnent au service du pays. « Ils voyagent partout dans le monde pour assurer la promotion de notre Championnat, précise Tebas. Et à chaque fois ils parlent de toutes les équipes. Pas seulement des très grandes, même si elles sont évidemment importantes. »
 
 

Pseudo : pierrotgrognon16

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le 25 Janv. 17 à 13h37

Sur une suggestion,faite sur un autre topic de hors-jeu :

TRANSFERTS

LES ÉTONNANTES COULISSES DU TRANSFERT DE DEMBÉLÉ
GUILLAUME DUFY (AVEC FABIEN TOUATI)


PREUVES ET DOCUMENTS À L'APPUI, L 'ÉQUIPE ENQUÊTE, LE MAGAZINE DIFFUSÉ HIER SUR «L'ÉQUIPE», A ÉPLUCHÉ LE TRANSFERT DE L'INTERNATIONAL FRANÇAIS DE RENNES À DORTMUND, L'ÉTÉ DERNIER : DES NÉGOCIATIONS TROUBLES, ENTRE PRESSIONS ET COUPS BAS, SUR FOND DE CONFLIT ENTRE AGENTS.

C'est l'un des transferts les plus marquants de l'été dernier. Le départ de la révélation de la L 1, Ousmane Dembélé, tout juste dix-neuf ans, pour l'un des plus grands clubs européens, le Borussia Dortmund, après seulement une vingtaine de matches en L 1. Un transfert qui s'est déroulé dans des conditions particulièrement troubles et qui illustre certains des agissements actuels dans le milieu du football.
Pour le comprendre, il faut remonter au printemps 2015. Le jeune attaquant stagiaire brille avec la réserve du Stade Rennais, en CFA2. Il rêve de rejoindre le groupe professionnel dirigé par Philippe Montanier. Mais l'entraîneur et son adjoint, Michel Troin, n'y croient pas. Dembélé veut donc partir (*). À cette époque, il est conseillé par Martial Kodjia, agent FFF, et Badou Sambagué, avocat et proche de la famille, qui entament alors une procédure pour tenter, en vain, de casser le contrat stagiaire du joueur. Rennes n'apprécie guère la démarche. Dembélé ne change pas d'avis. Sans l'aval du club breton, il s'envole pour visiter les installations du Red Bull Salzbourg, en Autriche. Son ami, Dayot Upamecano, vient de s'y engager. Rennes refuse les offres autrichiennes. Pourtant, René Ruello, le président, partage l'analyse de son staff. Mikaël Silvestre n'a pas le même avis.

Chargé de mission depuis juin 2015, l'ancien défenseur s'aperçoit rapidement du réel niveau du gamin d'Évreux. Mais cela ne bouleverse pas le joueur, toujours aussi déterminé à rejoindre l'Autriche. « Il ne veut plus s'entraîner, raconte Silvestre. Le 31 août, il envoie un message : "Je pars au Sénégal, le foot c'est fini, vous m'avez dégoûté". On sentait qu'il était en pleine détresse. » Lors des derniers jours du mercato, le Stade Rennais discute encore avec Benfica, qui propose 5 M. Le deal capote car les dirigeants bretons tentent d'obtenir le prêt du joueur. Dembélé craque. Un homme va le ramener à la raison. Il s'agit de Moussa Sissoko, un agent. Français, il possède une licence malienne (voir par ailleurs). C'est un agent dont l'influence ne cesse de croître. À Rennes, où il s'appuie sur Laurent Schmitt, un agent FFF très proche de Ruello, il gère les intérêts d'Adama Diakhaby et de Sabri Toufiqui, deux jeunes du centre de formation qui côtoient régulièrement Dembélé et facilitent donc le contact avec la jeune pépite. La position du joueur vis-à-vis du club s'adoucit alors. Les discussions pour la signature de son contrat professionnel reprennent. Mais les dirigeants rennais refusent de discuter avec Kodjia et Sambagué. Sissoko joue les intermédiaires.

Le 1er octobre, dans un salon de l'hôtel Balthazar, situé dans le centre de Rennes, Dembélé signe son premier contrat professionnel. Pourquoi ne pas le faire au siège du club ? Parce que les dirigeants ne veulent plus que ses agents y mettent les pieds. Pour ce contrat,ces derniers percevront toutefois une commission de 280000. Moussa Sissoko, lui, ne touchera rien. Son heure viendra.
En mars, le Stade Rennais propose à Dembélé de l'épauler dans ses futures négociations de contrat, une pratique illégale

Pour obtenir la signature de ce contrat, Ruello accepte une incroyable concession. La signature sous seing d'une clause libératoire de 5 M, un montant ridiculement faible vu le potentiel d'un joueur, bientôt suivi par de nombreux grands clubs européens. Dès novembre et les premiers matches de Dembélé en L 1, le Stade Rennais comprend qu'il vaut bien plus. Et craint un camouflet estival avec un joueur qu'il pourrait espérer vendre dix fois plus cher. Ruello va donc tenter par tous les moyens de le convaincre de résilier cet avenant. Les dirigeants de Rennes lui répètent qu'il a tout intérêt à changer de conseillers et à revenir sur cette clause, dont le président lui assure qu'elle n'a aucune validité en France.

Ce qui est vrai. La LFP prévoit même des sanctions pour les signataires d'un tel document. Dembélé craint alors d'être à nouveau bloqué en Bretagne. Le 24 février 2016, il envoie ce message à des proches : «Si je ne passe pas par Moussa Sissoko et Marco Lichtsteiner, ils vont faire capoter le transfert. » Marco Lichtsteiner, frère de Stephan, le joueur de la Juventus, est un collaborateur régulier de Sissoko et possède un gros carnet d'adresses en Bundesliga.
Deux jours plus tard, Kodjia reçoit un courrier recommandé, paraphé par Dembélé, qui résilie le contrat signé en septembre 2015, mais sans exposer aucun motif. Sambagué assimile ce procédé à « un abus de faiblesse ». Moussa Sissoko est désormais le nouveau représentant de Dembélé et nie toute forme de pression : « C'est complètement faux. Je pense que si Ousmane a quitté ses conseillers historiques, c'est qu'il pensait qu'ils n'étaient pas suffisamment bons pour gérer sa carrière. Chacun a ses limites, et il faut savoir les reconnaître.»
Le 15 mars, Dembélé est de nouveau convoqué par Ruello. Ce dernier continue de faire le forcing pour tenter de supprimer la fameuse clause de 5 M. Un nouvel avenant, que nous nous sommes procurés, lui est ainsi proposé : « Le Stade Rennais FC s'engage, à la fin de la présente saison sportive, à faciliter le choix d'Ousmane Dembélé de rejoindre un grand club européen dans le cadre d'un transfert (...) En cas de finalisation, le Stade Rennais FC s'engage à verser au joueur une prime exceptionnelle de 5 M brut. »
Détail troublant, le club propose aussi au joueur de l'épauler, s'il le souhaite, dans ses futures négociations de contrat. En résumé, se substituer au travail de l'agent, une pratique illégale. Les manoeuvres de Ruello pour rattraper les erreurs de son club sont vaines. Dembélé refuse de signer ce nouvel avenant. Le président n'est pas serein. Mais le choix de carrière du joueur va sauver Rennes du ridicule. Il souhaite rejoindre le Borussia Dortmund, équipé par Puma, qui appartient à François Pinault, le propriétaire du Stade Rennais. Le hasard fait parfois bien les choses. Tout semble enfin limpide.

Quand il va signer à Dortmund, Dembélé est accompagné de son ancien agent afin qu'il touche une commission... ce que le club refuse

Pourtant, Dembélé continue de discuter avec ses anciens conseillers. Le 29 mars, il rencontre ainsi, à l'initiative de Sambagué, Jürgen Klopp, l'entraîneur de Liverpool. Les tensions entre Sissoko et Sambagué montent d'un cran. De son côté, le Stade Rennais veut aller vite. La clause peut être activée à l'issue de la dernière journée de L 1.
Début mai, tout s'accélère. Le 2, Sissoko et Dembélé se rendent à Dortmund pour négocier le contrat du joueur (voir par ailleurs) et le montant de la commission de l'agent (2,2 M plus 800 000 de bonus). Le 12, Rennes et le club allemand se mettent d'accord sur 15 M (hors bonus). La première offre de Dortmund était de 8 M. Pinault était alors intervenu. Le 17, Ousmane Dembélé se rend à Dortmund pour signer son contrat.

Situation baroque, Moussa Sissoko, son conseiller, est absent. C'est Kodjia, son ancien agent, qui accompagne le joueur. La veille, Dembélé a en effet signé un nouveau mandat avec Kodjia, afin que son nom apparaisse sur le contrat, pour le récompenser du travail effectué avec lui depuis le début de sa carrière.Surpris par sa présence, le Borussia Dortmund refuse. La rencontre est tendue. Pour les dirigeants allemands, cette signature était une simple formalité car le contrat avait été formalisé le 12 mai. D'ailleurs, ils ne sont même pas présents. C'est Marco Lichtsteiner, l'agent proche de Sissoko, qui les représente. Les deux parties s'agacent mais, finalement, Dembélé signe son contrat et tout rentre dans l'ordre.Sauf pour Kodjia, dont le nom n'apparaît pas sur le contrat...
À son retour, ce dernier saisit la commission fédérale des agents. Il vise Sissoko, qu'il soupçonne d'exercice illégal de la profession, et le Stade Rennais, dont les agissements durant l'affaire ne respectent pas les règles. Il est déterminé et en colère. À bout, il finira même par menacer Laurent Schmitt. 3 M sont en jeu, le montant total de la commission que pourrait toucher Sissoko.
La commission fédérale des agents s'est déjà réunie une fois, le 14 novembre. Elle aurait conseillé aux différentes parties de s'entendre. Sissoko aurait alors proposé 1,2 M aux conseillers éconduits, qui ont refusé. Une nouvelle réunion devrait se tenir en février. Par ailleurs, Kodjia n'exclut pas de poursuivre Dembélé pour la rupture abusive et unilatérale du contrat de son premier mandat signé avec lui. `
(*) Ousmane Dembélé n'a pas souhaité répondre à nos questions.

LES DÉTAILS DE SON CONTRAT À DORTMUND
G. D.


LE SALAIRE DE L'AILIER GAUCHE (19 ANS) N'EST PAS EXORBITANT, COMPARÉ À CE QU'IL AURAIT PU GAGNER DANS D'AUTRES CLUBS, MAIS LE JOUEUR TOUCHE DE NOMBREUSES PRIMES QUI EN FONT LE TROISIÈME JOUEUR LE MIEUX PAYÉ DE DORTMUND, DERRIÈRE MARCO REUS ET PIERRE-EMERICK AUBAMEYANG.

200 000 € Son salaire brut par mois.

Dans le contrat qu'il a signé le 17 mai n'est prévue aucune augmentation. Ce salaireest plutôt éloigné de ce qui se fait, par exemple, au Paris-SG.
10 000 € La somme touchée, en brut, pour chaque point gagné en Bundesliga,

s'il joue au moins 45 minutes. Le montant est ramené à 5 000 brut s'il passe moins de 45 minutes sur la pelouse. Son contrat prévoit aussi qu'il sera concerné par les primes collectives, dont le montant n'est pas précisé.
10 € MLa prime à la signature obtenue par l'ancien attaquant du Stade Rennais. Lors des discussions,

Michael Zorc, le directeur sportif du Borussia, a fait comprendre que son club n'avait jamais versé une telle somme. Une prime que l'international français touchera en cinq fois et dont il a perçu la première partie en juillet. Le prochain virement est prévu en septembre prochain. Si Dembélé est transféré avant la fin de son contrat (juin 2021), la totalité lui sera versée dans un virement unique. Pour l'instant, aucune clause libératoire n'est prévue dans son contrat.
25 000 € La somme touchée, en brut, pour chaque point gagné en Ligue des champions.

Cette somme est augmentée de 50 % en cas de qualification pour les huitièmes de finale, ce qui est le cas cette saison, où le Borussia rencontrera Benfica.



Agents, l'exception française
G. D.

IL Y A DEUX ANS, LA FIFA DÉRÉGLEMENTAIT LA PROFESSION. LA FRANCE, ELLE, A CHOISI DE NE PAS SUIVRE LE MOUVEMENT.

En avril 2015, lasse de devoir régler de nombreux conflits entre les agents, la FIFA déréglementait la profession d'agents. Le mot « agent » a même disparu des textes et a été remplacé par « intermédiaire ». Désormais, tout le monde peut devenir intermédiaire. Il suffit de remplir une circulaire (une sorte de CV), de l'envoyer à la fédération du pays dans lequel vous souhaitez travailler et, parfois, de s'acquitter d'une somme, peu importante.
Tous les pays ont accepté ce nouvel ordre à l'exception de la France, où le métier d'agent sportif est régi par une loi qui date du 9 juin 2010. Elle exige l'obtention d'un diplôme puis d'une licence délivrée par la Fédération pour exercer légalement la profession. Ce statu quo complexifie les transactions et multiplie artificiellement le nombre de personnes qui interviennent lors des transferts.
Prenons l'exemple de Moussa Sissoko, nouvel agent d'Ousmane Dembélé. Il peut travailler en France, mais à certaines conditions. De nationalité française, il possède une licence malienne et vit à Londres, où est basé le siège social de sa société. Aucun club français ne peut lui verser directement une commission. Il doit pour cela signer une convention avec un agent qui possède la fameuse licence made in France. Il appartient à cet agent de rétrocéder une partie de la commission, jusqu'à 90 % dans cette situation. Cet agent, un prête-nom, touche donc de l'argent sans avoir travaillé, ce qui jette un trouble sur la circulation des fonds et interpelle régulièrement les services fiscaux. Sissoko respecte le règlement et s'associe souvent à Laurent Schmitt. Il peut aussi signer une convention avec un avocat ou travailler avec un intermédiaire de la Communauté européenne, ce dernier devant remplir au préalable une demande d'établissement en France, un document à télécharger sur le site de la FFF.
La Commission fédérale des agents veille au bon respect de la loi. Si elle juge qu'un agent français a fauté, elle possède le droit de le suspendre. Si elle perçoit des agissements suspects d'autres intermédiaires, elle peut saisir la justice en s'appuyant sur l'article 40 du code de procédure pénale. Le fera-t-elle pour Moussa Sissoko, soupçonné d'exercice illégal de la profession d'agent sportif ? Ces dernières années, soixante-six procédures ont été lancées. Trente-quatre ont été classées sans suite et la justice a prononcé neuf condamnations (de la prison avec sursis et quelques faibles amendes).
 
 

Pseudo : yulito

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le 25 Janv. 17 à 19h00

J'ai vu aussi le reportage diffusé Sur l'équipe, c'est assez consternant toutes ces man?uvres,
Et ça ne doit être qu'un exemple parmi tant d'autres, sans parler des obscurs transferts du milieu du foot portugais...

C'est là qu'on se dit que le forumeur qui dit qu'il aimerait bien voir la pépite repérée sur les terrains
signer dans son club de coeur, il ne se rend pas compte de tout ce qui peut rentrer en ligne de compte
pour qu'un transfert se fasse ou non...

Il y a des magouilles dans tous les sens, des intérêts multiples et même des conflits d'intérêt,
et c'est tellement imprégné dans le foot que je n'imagine même pas que ça puisse s'arranger, bien au contraire
vu les sommes mises en jeu...

En tout cas, j'ai compris pourquoi Dembele était parti pour ce montant qui me paraissait faible pour son potentiel...
Montanier aura vraiment coûté cher au club de Rennes...
 
 
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