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Football et banditisme !

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Football et banditisme !

le 19 Nov. 14 à 18h26

Entre les matchs (et les paris) truqués en L2 et les transferts à rallonge de l'OM (et d'ailleurs ne soyons pas naîfs), le constat qui s'impose est que le foot français n'est pas épargné par l'argent sale...
Après la Russie et d'autres pays de l'Est de l'Europe, après la Sicile et Naples...nous voici au coeur du blanchiment , de la corruption et de l'argent facile. Espérons que les autorités françaises arriveront à y mettre un terme, mais il ne faut surtout pas croire que c'est gagné d'avance !




Il y a une collusion réelle entre le grand banditisme et le football »



www.lemonde.fr...

Le Monde.fr | 19.11.2014 à 17h06 ? Mis à jour le 19.11.2014 à 17h39 | Propos recueillis par Pierre Lepidi

Devant le commissariat central de Marseille, où les trois anciens présidents de l'OM ont été placés en garde à vue, mardi 18 novembre.
Ancien fonctionnaire à la Direction générale des impôts et conseiller au service central de prévention de la corruption du ministère de la justice, Noël Pons est spécialisé dans l'économie criminelle. Il est notamment l'auteur de Cols blancs et mains sales (Ed. Odile Jacob, 2006) et La Corruption des élites (Ed. Odile Jacob, 2012).

Il revient sur les deux affaires qui éclaboussent, depuis mardi 18 novembre, le football français : l'une à Marseille, où dirigeants et anciens présidents de l'OM sont soupçonnés d'avoir perçu des rétrocommissions sur des transferts, l'autre à Nîmes, où l'on suspecte le club d'avoir arrangé des matchs pour assurer son maintien en Ligue 2 la saison dernière.

Quels sont les points communs entre les deux affaires qui agitent actuellement le football français ?

Noël Pons : Elles montrent toutes les deux que ce sport est devenu une pompe à fric, à tous les niveaux puisqu'elles touchent des clubs de Ligue 1 et de Ligue 2. On pensait naïvement que la France était protégée de cette criminalisation du sport, mais elle ne l'est pas. Ce qui est intéressant, c'est que l'on retrouve dans chacune de ces affaires des hommes liés au grand banditisme.

Il y a aujourd'hui une collusion réelle entre le milieu des gangsters et le football. Dans le cas de l'Olympique de Marseille, on retrouve des figures connues du gangstérisme corso-marseillais. Dans l'affaire de Nîmes, l'actionnaire principal est en détention provisoire dans le cadre d'une enquête sur un établissement de jeu parisien [le cercle Cadet]. On voit aujourd'hui que tout se mélange : le bidouillage, le blanchiment de sommes faramineuses, le sport...

Comment expliquer cette collusion entre le milieu du foot et celui du banditisme ?

Le foot représente aujourd'hui une énorme écuelle, dans laquelle tout le monde essaie de piocher sa part. Cela est possible car les organismes de contrôle sont insuffisants, même si, suivant le cadre où l'on se retrouve, il est plus ou moins facile d'obtenir une part du gâteau. Mais tout cela ne date pas d'hier. Il y a toujours eu des arrangements entre les équipes. Ce qui a changé, c'est l'ampleur des montants. La mondialisation de l'économie fait tourner les flux financiers à toute vitesse, et cela complique les enquêtes.

A quelle date situez-vous l'entrée en masse de la criminalité dans le sport ?

Elle coïncide, pour moi, avec la fin de la guerre dans les Balkans. Au début des années 2000, d'anciens chefs de guerre ont investi massivement dans des clubs et ils n'ont pas été inquiétés. Aujourd'hui, une partie de l'économie criminelle est investie dans le foot. Mais elle l'est aussi dans la société.

Pierre Lepidi
Journaliste au Monde
 
La critique est aisée et l'art est difficile.
 

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le 19 Nov. 14 à 19h15

www.sudouest.fr...


Corruption dans le football français : les personnages clés du dossier



Publié le 19/11/2014 à 09h38 , modifié le 19/11/2014 à 18h38 par
P.-Y.C., SudOuest.fr
Le club du Nîmes Olympique aurait, à trois reprises, tenté d'arranger des matchs de Ligue 2 la saison dernière. Des écoutes téléphoniques révélées par Le Canard Enchaîné tendraient à le prouver
Corruption dans le football français : les personnages clés du dossier Le club de Nîmes est dans la tourmente. Si la corruption était démontrée, les Crocodiles pourraient être radiés du paysage sportif professionnel © Photo
AFP PASCAL GUYOT

À peine mise sous les projecteurs, la mascotte officielle de l'Euro 2016 en France a reçu deux sévères uppercuts dans les gencives. Le même jour, le football français est retombé dans les bas-fonds, ceux qu'il avait déjà fréquenté en 1993 et 1994, pendant l'instruction de l'affaire VA-OM.

Ce mardi, donc, trois présidents de l'Olympique de Marseille ont été placés en garde à vue dans le cadre d'une enquête sur des transferts douteux effectués ces dernières années. Pape Diouf, Jean-Claude Dassier et Vincent Labrune pourraient avoir eu des liens avec le banditisme.

Dans le même temps, une dizaine de personnes ont été placées en garde à vue et des perquisitions ont été effectuées dans le cadre d'une enquête sur des soupçons de matchs de football truqués en Ligue 2. Au centre de l'affaire, un autre club olympique, celui de Nîmes. Celui-ci aurait "exercé des pressions et proposé des arrangements" afin d'éviter la rétrogradation.

La saison dernière, le Nîmes Olympique a touché un peu plus de 4,1 millions d'euros de droits TV. À l'échelon inférieur, les 18 clubs de National se partagent... 200 000 euros. Comme l'a déclaré René Marsiglia à Europe 1, l'ancien entraîneur nîmois, "la descente n'aurait pas été une catastrophe, mais une bombe atomique". La déflagration aurait eu des conséquences sur l'existence même du club au crocodile, avec des conséquences sur les emplois directs et indirects qui lui sont liés.

Voilà pourquoi la tentation d'arranger des matchs a pu se présenter aux dirigeants gardois. Dans le viseur des enquêteurs figurent trois rencontres : CA Bastia-Nîmes (1-1), Dijon-Nîmes (5-1) et Caen-Nîmes (1-1). Voici les personnages clés d'un dossier pour lequel la Fédération française de football et la Ligue professionnelle de football se sont portées parties civiles.
Serge Kasparian au centre du Cercle

C'est en enquêtant sur le patron du Cercle Cadet, un établissement de jeu, que la justice a levé le lièvre des matches truqués. Au printemps, Serge Kasparian est devenu copropriétaire du Nîmes Olympique. Et il ne voulait surtout pas d'un club en National. Alors il se serait donné les moyens de le maintenir à flots en passant quelques coups de téléphone. Le Canard Enchaîné daté de ce mercredi s'est procuré les écoutes téléphoniques de l'actionnaire majoritaire du club. "C'est sûr, ils lâchent le match. Enfin, ils le lâchent gentiment, je veux dire", aurait ainsi affirmé Kasparian lors d'une conversation.

Le dirigeant aurait ainsi tenté de négocier avec les dirigeants du CA Bastia, qui n'ont pas voulu tremper dans la combine. Puis il aurait fait appel à son ami Michel Moulin pour approcher Olivier Dall'Oglio, l'entraîneur de Dijon. Au final, même si ses man?uvres n'ont pas forcément été couronnées de succès, l'essentiel aura été réalisé pour le Nîmes Olympique qui s'est maintenu en Ligue 2.
Jean-Marc Conrad, le président

"Si les faits sont avérés, je retirerai le début d'amitié que j'avais pour Jean-Marc Conrad et je le condamnerai publiquement car je trouve la tricherie inadmissible." Celui qui parle, c'est Jean-Jacques Bourdin, le journaliste de RMC, "parrain de coeur" du Nîmes Olympique. Jamais il n'aurait cru possible ce dont on accuse le président des Crocodiles, Jean-Marc Conrad. Celui qui a fait entrer Serge Kasparian au sein du club, ne pouvait pas ignorer les agissements de celui-ci. D'ailleurs, les écoutes téléphoniques relatées par le Canard tendraient à le prouver.

Lui-même serait intervenu en personne pour négocier un match nul avec son homologue de Caen, Jean-François Fortin. Et de faire livrer 24 cartons de 12 bouteilles de vins du Languedoc dans le vestiaire caennais à l'issue d'une partie ubuesque. Pendant la dernière demi-heure du match qui offrait la montée au Stade Malherbe de Caen et le maintien au Nîmes Olympique, les deux équipes ont joué à la passe à dix. Aucune n'a même tenté de sauver les apparences, au grand dam de l'arbitre et des délégués, pas franchement dupes.

Jean-Marc Conrad, le président du Nîmes Olympique© Photo AFP STRINGER

Michel Moulin, l'intermédiaire

Ancien joueur amateur à Miramas, c'est dans les affaires que s'est fait connaître Michel Moulin (il a aussi lancé Paru-Vendu et le "10 sport"), tout en menant une carrière de dirigeant au Red Star 93 et à Istres. En 2008, le Paris SG a fait appel aux services de celui qu'on décrit, d'après LePoint.fr, comme "un chien en affaires", en le bombardant conseiller sportif. Puis c'est au Mans qu'il a poursuivi son parcours. Mais ce natif d'Alès a toujours gardé le contact avec ses racines gardoises. C'est à lui que Serge Kasparian a passé un coup de fil pour servir d'intermédiaire avec Olivier Dall'Oglio, l'entraîneur de Dijon. "J'ai fait passer le message, ils ne vont pas jouer le match de leur vie", aurait-il confié à son ami lors d'une conversation par téléphone.
Olivier Dall'Oglio, la filière gardoise

Le meilleur moyen de gagner un match est encore de l'acheter. Encore que, dans le cas de Dijon, la corruption, ou plutôt la tentative de corruption semble avoir échoué. En effet, le club bourguignon a écrasé Nîmes 5-1. Olivier Dall'Oglio, l'entraîneur dijonnais s'est-il ravisé ? Ou bien ses joueurs n'ont-ils pas écouté ses consignes de lever le pied ? Une chose est sûre, Dall'Oglio est un proche de Michel Moulin qu'il connaît de longue date, depuis son passage comme défenseur à Alès, club dont il allait devenir l'entraîneur de l'équipe réserve au milieu des années 2000, avant de prendre les rênes de l'équipe B du... Nîmes Olympique.

Au sein du Dijon FCO, c'est l'incrédulité qui a accueilli la nouvelle du placement de Dall'Oglio en garde à vue. "Cela me surprend beaucoup qu'on s'en prenne à cet homme. Je serais vraiment surpris s'il était poursuivi. C'est un garçon qui n'est pas un magouilleur ou un arriviste. Peut-être a-t-il été sollicité en tant qu'ancien nîmois, mais je suis persuadé que c'est un homme intègre", a déclaré le président du conseil d'administration de l'association DFCO, André Royer, au Journal de Saône et Loire.
Jean-François Fortin, le président qui aurait dit oui

Alors que les dirigeants du CA Bastia ont opposé une fin de non-recevoir aux demandes du club nîmois, alors que le Dijon FCO n'a pas lâché le match face aux Crocodiles, le Stade Malherbe de Caen a "offert" le point du sauvetage au Nîmes Olympique. Via le responsable de la sécurité du club normand, son président Jean-François Fortin aurait accepté le deal avec Jean-Marc Conrad. Les deux équipes avaient trop besoin d'un point. Fortin aurait ainsi lâché au téléphone : "Ben, si on n'est pas trop cons,... hein ?"

Bilan, les caisses de vin sont arrivées et le Stade Malherbe est monté en Ligue 1 et se retrouve aujourd'hui éclaboussé, obligeant son directeur sportif Xavier Gravelaine à improviser une ligne de défense. "On est un club propre. Nous subissons cette affaire qui vise Nîmes."

En tout cas, Frédéric Thiriez, le président de la LFP a déjà prévenu. Si les soupçons sont avérés, la Ligue se réserve la possibilité de prononcer des sanctions exemplaires, pouvant aller jusqu'à la radiation. Et on dit merci qui ?
 
La critique est aisée et l'art est difficile.
 
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